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Ah ! Ce titre... ! Vous comprenez facilement : il trotte dans ma tête depuis bientôt une semaine ! Encore un peu, et il va vraiment faire pétard mouillé... Une semaine où les idées m’envahissent, les doutes me taraudent, l’idée de bons mots me fait sourire, et je ne sais pas, je ne sais plus, non ce n’est pas vrai, il vaudrait mieux que je dise ça, mais à quoi ça sert ? Ai-je le droit de dire du mal, de prendre le risque de faire mal, de douter publiquement ? Et puis, y a-t-il seulement une personne intéressée par mes états d’âme sur le virtuel ? Oh, et puis il faut que j’avance... Pas le millième de ce qui me traverse l’esprit depuis vendredi dernier... J’ai la haine du virtuel... Des artifices. Des faux-semblants. Des manipulations. De l’absence de vérité. J’ai la haine. Oh, ce n’est pas nouveau ! J’ai toujours été obsédé par la recherche de la plus grande transparence, de la vérité la plus précise, la plus exacte... Les prémices de cette grosse colère actuelle se sont dessinés pendant la campagne électorale. Les manœuvres étaient grossières. La manipulation de l’opinion écœurante. Chacun cherche à piéger l’autre sans répit... La Droite a été immonde. La Gauche profondément ridicule. Ma candidate préférée trop souvent pas à la hauteur sur ce sujet de la transparence... J’ai souffert...
Et là, en écoutant ma femme dire son souhait de ne surtout pas manquer le feu d’artifice sur le Rhône, le bon titre... L’envie de vider mon sac... De secouer le cocotier...
Et vous savez quoi ? Depuis samedi dernier je ne pose pas les pieds par terre... Je n’ai pas eu une minute pour écrire. Totalement impossible ! Je n’étais pas sur l’ordi que un tel, ou un autre me mettait le grappin dessus. Des choses importantes. Des fariboles. Des émotions. Des douleurs. J’avais du mal à reprendre mon souffle. Je jurais mes grands Diables que l’on ne m’y reprendrait pas... Je n’ouvrirais plus MSN... Mais nouvelle connexion, et... Faut que je voie si j’ai des messages... Et... Trop tard !... Mardi matin, je me lève à cinq heures... Quand même... Je devrais bien réussir à faire juste un petit billet...
Lundi soir, quelques brefs échanges avec WajDi. Une réflexion un peu maladroite de ma part, et aussitôt il se met en position de combat, la défense bien en place, un petit coup de la pointe du pied sur mon flan droit pour me rappeler qui il est... Pas d’uppercut (Private Joke !) mais ça fait mal quand même... J’employais cette image que j’ai envie de reprendre ici : " Moi, je suis plutôt du genre à avancer en ouvrant grand les pans de la chemise pour qu'on voit le coeur... Alors les coups portent à chaque fois... " Oui, je crois que mon problème est en partie là. Ou que l’une des manifestations de mes problèmes est dans cette mise en fragilité... J’ai besoin de m’offrir aux coups de griffes des bêtes sauvages...
Et vous savez quoi ? Encore loupé... Le Virtuel m’a agressé mardi matin... Je n’ai pas su résister à ses sirènes... J’ai répondu à A. ... Ici, là, à cet instant, nous sommes mercredi matin, il est 6 h. 00... Je n’ai pas plus avancé que ça... Cela devient du délire... J’ai le sentiment de ne plus rien contrôler... De me laisser emporter... Le Virtuel a vu, c’est sûr, qu’il était en danger, que je voulais le détruire, et il rue dans les brancards... Utilise toutes ses ruses... Me manipule avec une excitation sadique... J’entends par moment son rire diabolique... Peut-être jette-t-il ses derniers feux de Grand Artificier ?
C’est décidé. Je ne réponds à personne sur MSN... Je suis " Hors ligne "...
Entre deux, j’ai quand même pris le temps de relire certains de mes articles. Il y a longtemps que je tourne autour du pot, que j’exprime des souffrances diffuses sur ce thème du virtuel frustrant... Mais sans jamais rien construire, sans jamais réussir à formaliser. Je sais maintenant que c’est un point très important pour moi. Mais à chaque fois je l’effleure, et je m’échappe en courant... Il suffit donc que je m’empêche de fuir...
Virtuel, ce mot à la mode, est en fait mon compagnon depuis ma plus tendre enfance. Qu’est-il d’autre que l’imaginaire ? Et ça, l’Imaginaire, il pourrait vous dire combien il a été mon compagnon de chaque instant, de chaque moment de solitude, de chaque moment de souffrance, combien il a été trop souvent sans doute, le magistral vainqueur du Réel... Oui, mais il y a quelque chose d’autre.
Dans ce monde moderne, les technologies souvent incomprises font peur. Leur puissance immatérielle est souvent considérée comme menaçante par les néophytes dépassés... La Toile est d’évidence une araignée menaçante pour beaucoup de gens... Mais il y a plus encore...
Ma femme a toujours haï l’informatique. Bien avant que je m’équipe d’Internet. Les autres femmes n’étaient pas une menace pour notre couple. Elle aurait été prête à affronter n’importe laquelle. Les hommes, c’était plus problématique, mais elle avait quand même une grande confiance. Elle savait qu’elle pouvait me partager sans me perdre. Mais cet engin de mort posé sur mon bureau !... Il lui volait son homme... Elle n’a jamais été jalouse d’une femme ou d’un homme, même d’un jeune homme... Elle a dès le premier jour manifesté une haine farouche pour ce malheureux écran... Et lorsque Internet lui a donné une vie planétaire, la concurrence est devenue insupportable...
J’ai dû faire avec...
Je me souviens d’une discussion avec mes amis et elle au tout début de ma rencontre avec A. ... La levée de boucliers ! J’étais inconscient, j’allais être la victime d’un prédateur déguisé en brave pompier de base, je n’avais donc pas lu ces pièges immondes qui se tissaient sur la toile ?... Que répondre à l’irrationnel ?
Les rencontres sur un forum de discussion et sur un tchat sont souvent une caricature de la virtualité... De tendres mamours sont partagés avec des personnes que bien souvent l’on fuirait, ou pour le moins on ne remarquerait même pas dans la vraie vie... Lorsque je me suis engagé dans ce genre de relations sur le forum de Bareback Mountain, elle n’a pas supporté. " Mais qu’ont-ils de plus que moi, eux, pour que tu leur consacres autant de temps ? ", " Mais je suis là, moi, présente. Tu peux me toucher. Me voir sourire... ", " Si tu vas vers eux, c’est qu’ils t’apportent des choses que je suis incapable de te donner. Tu dis que ce n’est qu’intellectuel, donc intellectuellement, je ne t’apporte rien... "... Et tant d’autres...
J’ai une particularité qui, je le crains, n’est pas très originale. Lorsque l’on me critique, je me défends et suis de plus en plus sûr que j’ai raison. Lorsque l’on me harcèle, je m’enferme et me butte dans mes convictions. Je veux avoir raison contre tout le monde. J’éprouve une réelle jouissance à montrer que c’est moi qui avais vu juste...
L’entrée de A. puis de N. dans ma vie a soulevé une foule de questionnements. Ma femme, mes amis, d’autres témoins sur le forum ont mis en doute une histoire tellement romantique et idyllique qu’elle semble préparée pour un roman photo de hall de gare... J’ai considéré comme insultants les doutes émis. On peut s’interroger. On n’a pas le droit de douter publiquement au risque de profondément blesser des protagonistes qui eux seraient innocents et sincères... Je me suis totalement investi, sans aucune réserve, dans leur histoire, telle qu’ils me la racontaient, dans laquelle ils me faisaient partie prenante.
Des doutes, il y en a eu. Des situations troublantes et équivoques, j’en ai rencontré. Des coïncidences troublantes m’ont agressé... Je leur ai parfois dit mes interrogations. Je n’ai jamais voulu douter...
Pourtant, le virtuel me pèse de plus en plus. J’aurais maintenant besoin de déchirer la toile, de passer de l’autre côté de l’écran. J’ai déjà fait un long paragraphe là dessus à la fin de mes vacances. Mais en restant encore beaucoup trop superficiel. Coincé, englué dans des émotions mièvres que je ne parviens pas à maîtriser. Il faut que je réussisse à grimper ce col difficile. Ça devrait aller mieux dans la descente.
Je suis profondément, exagérément attaché à A. et N. . Ce couple parle avec véhémence à mes tripes davantage qu’à ma raison... Bon. Constat.
La relation avec WajDi est en train de prendre une tournure aussi menaçante, bien que totalement différente. Bon. Constat.
Mes autres relations à travers la toile ne rencontrent pas ces difficultés, ne présentent pas ces menaces. Même avec de jeunes mecs pleins de promesses. Bon. Constat.
J’ai compris que le plus virtuel était le personnage que je m’étais construit, et qui est une sorte de négation de mon Moi véritable. Bon. Constat.
J’ai compris que le fait que ces jeunes restent cachés derrière la toile n’était pas un problème dans mes relations, mais un problème dans mon " être ". Bon, constat.
Et je fais quoi, moi, maintenant ?
Hé, bien, c’est le virtuel qui a commencé à me donner la réponse. Les artifices ont réveillé la flamme. Pleins feux... Samedi matin, je ne pensais même pas que nous étions le quatorze juillet. Je me réveillais tôt. A mon habitude. Je m’installais devant l’écran, comme d’habitude. Un œil sur les statistiques du blog. Manie de vieux garçon... Et A. m’apostrophe. Me saute dessus. M’étouffe de ses embrassades virtuelles. Il est fou de joie.
La veille, je les avais eus successivement en ligne tous les deux. Ils avaient des états d’âmes, des doutes et des freins. Non par manque d’amour, mais par excès d’amour. Chacun veut se sacrifier pour le bonheur et l’épanouissement de l’autre. J’avais fortement secoué le cocotier. Je les avais engueulés, leur avais intimé l’ordre de vivre intensément. Absolument, sans se poser davantage de questions.
A. était heureux. Follement heureux. Pendant de longues minutes, je le laissais crier sa joie, son bonheur, son ivresse. Ils avançaient toujours. Ce n’était qu’une simple petite étape. Mais son monde explosait... Je l’écoutais. (Virtuellement pardi... Toujours virtuellement !)
Comment en sommes-nous arrivés à parler de mon père ?
Bob dit : Mon père, j'en ai toujours eu peur... Il a fallu la (ma) prison, et sa difficulté à y faire face, pour que je comprenne ses faiblesses, et combien il était en fait démuni. Combien j'étais bien plus fort que lui...
Bob dit : J'avais 35 ans... N'attends pas mon grand. C'est maintenant que tu es en train de prouver que tu es un mec super...
A. dit : il te cognait ton père ?
Bob dit : Très peu. Enfin, très rarement... Parce que les fois où c'est arrivé, j'ai bien cru y passer... Il était d'une violence inouïe... En fait il me haïssait, et ça transpirait par tous ses pores... Il suffisait qu'il me regarde... Je serais passé par un trou de souris.
A. dit : il faisait quoi ton père ?
... ... ...
Bob dit : C'est vrai... Le choc... Je réalise que je ne parle pour ainsi dire pas de lui dans mon blog... Il est mort depuis 23 ans, et je l'évite encore, je ne dis rien qui pourrait le fâcher... C'est dingue !!
A. dit : ton père a fait fort ! même mort, il te regarde encore !
Bob dit : Oui, c'est un peu ça... C'est très fort ce dont tu me fais prendre conscience là... En fait, je réalise que toute ma vie a été construite pour lui prouver que j'étais un mec bien. Même mon mariage, les enfants, ma fidélité aveugle et bornée à Monique (qu'il adorait !)... Tout... Je n'ai jamais été libre...
A. dit : alors tu devrais écrire, ça te libérerait surement
Bob dit : Ouais, je crois que le sujet du prochain billet est tout trouvé...
Le reste du dial ne m’économisait pas non plus. A., quand il décide de me prendre le chou, il ne me lâche pas... Genre... " mais ça n'a rien à voir avec le monde à conquérir, personne te demande ça .C'est juste, ètre bien avec toi même , et tes histoires de posthume, de fin de vie, de " j'en ai plus pour longtmeps ", ça, c'est juste pour te dispenser d'évoluer ! ". Mais je ne parvenais plus à l’écouter. Tout tourbillonnait dans ma tête. Un feu d’artifice. Les artifices du virtuel qui me foutent le feu. J’essayais, là en quelques minutes de décanter et comprendre ce que ces p.... d’analystes n’avaient pas réussi à me faire toucher du doigt en plusieurs années à deux séances par semaine... A part leur payer une nouvelle bagnole, ça avait servi à quoi, mes déballages ?
Je commençais à entrevoir des hypothèses... Mon père m’avait toujours rejeté. Pour des raisons que j’essayerai d’approcher dans un prochain billet. Moi, connement, je l’aimais, comme un fils aime son père. Sans y réfléchir. Sans analyser. Mais mon amour était un amour interdit. On n’a pas le droit d’aimer si l’on n’est pas aimé en retour... Je repensais au nombre de fois où j’ai dit que j’étais incapable d’aimer si cet amour me semblait impossible... Donc, puisque je n’étais pas aimable au sens propre, je devais être un personnage au moins supportable mais qui n’envisagerait jamais d’être aimé. Et j’ai construit un personnage virtuel. Totalement virtuel. Artificiel. Qui justifiait qu’il n’était pas aimable... En somme je suis et ai toujours été un personnage virtuel, qui ne supporte pas le virtuel parce que cela met trop l’accent sur sa propre virtualité, mais qui ces derniers temps, profitant des nouvelles technologies, a bâti un personnage imaginaire sur la toile, encore plus virtuel, encore plus artificiel, qui se voudrait toutes les qualités humaines qui pourraient le rendre désirable, même si totalement factices, irréelles, improbables... Une image sans véritable corps, sans âge repérable... Disons... Une image virtuelle... Ouh lala ! Et je dois en laisser à côté. Personne n’y retrouvera ses petits... Moi je suis dans le cirage...
Il va falloir que je laisse un peu reposer... Cette petite semaine de tergiversations n’a d’évidence pas suffit. Mais je vais essayer de prendre les choses dans l’ordre. Bon, d’abord, le virtuel qui n’est que virtuel, qui repose sur des sentiments virtuels et des personnalités artificielles ou incertaines... Je n’en veux plus. Comment essayer de devenir enfin réel, si je reste uniquement dans l’imaginaire dans des relations importantes ?
Je vais faire un beau feu de ces artifices !
A.et N. ... Vous savez combien je vous aime. Combien mon personnage virtuel vous aime. Combien virtuellement de vous appartiens corps et âme (Elle n’est pas virtuelle, elle ? ?) Je ne sais plus. Je ne sais pas. Je n’éprouve aucune agressivité à votre encontre. Notre relation –virtuelle- m’aura donné les plus grands moments de bonheur depuis des années... Mais je ne peux plus... Je ne peux pas continuer...
A chaque connexion, je me mords les lèvres jusqu’au sang (virtuellement) pour ne plus être tenté de parler de photos, de coup de téléphone, de rencontres... Je ne vous rejette pas. Je ne vous abandonnerai pas. Je répondrai à vos éventuels appels de détresse... Mais je serai loin, beaucoup plus loin...
Pourtant, ce serait si simple, si, comme je continue à le penser, il n’y a pas de lézard dans notre histoire...
A mort, le virtuel !!
WajDI, avec toi la question ne peut se poser dans ces termes. Notre rencontre est trop récente. Ta confiance est à conquérir...
Mais un jour sans doute, pour moi, la question de briser le virtuel se posera...
Dans l’immédiat, je poserai juste une petite question dans ton formulaire...
Voila... Avec ça, je devrais arriver au sommet du col. Alors j’entreprendrai la descente, et alors... Attention aux accélérations !
Jeudi 19 juillet à 18 h. 20
Vingt-quatre heures que j'ai fini d'écrire et posté. Et je souffre. Beaucoup. Le Tour de France après nous avoir fait un petit coucou a roulé tranquillement dans les plaines de Camargue...Moi, je ne suis pas encore en haut du col... Que la pente est rude !
Vendredi 20 juillet à 14 h.30
Je n'ai pas fait le bon article. En voulant jouer sur tous les sens de "virtuel", je n'ai obtenu que de la confusion. Lorenzo me conseille de mieux gérer ma relation à la toile et de ne pas tomber "accro"... A. m'a laissé des messages ce matin. Il se confond en excuses, en regrettant de m'avoir trop vampirisé. En approuvant que je veuille prendre de la distance... Mais je ne veux pas m'éloigner ! Lui et N. ne m'ont pas trop demandé ! Je ne me suis pas laissé manipuler, ou si peu, la victime était tellement consentante ! J'ai besoin d'avancer. Et pour celà j'ai besoin de faire tomber les masques. Comme dans la vraie vie il est parfois souhaitable de le faire. C'est pourtant simple. Ou A. et N. ne sont que le produit d'un quelconque imaginaire (celui de l'un d'eux éventuellement), et en le sachant je pourrai mieux poursuivre ma route. Avec ou sans eux. Ou ils sont bien réels, leur amour est profond et sincère, et alors je ne comprends pas ce qui bloque. A moins d'un manque total de confiance en moi et en mes réactions.... Ce que je suis obligé de conclure pour le moment.
Il est vraiment haut ce col. Il recule au fur et à mesure que j'avance !
Samedi 21 Juillet à 15 h. 30
Cette nuit je suis rentré et me suis connecté très tard. Un oeil sur les messages... Rien... Un oeil sur le blog de WajDI. Il répond à ma question. Le souffle coupé. KO. J'ai lu, relu, re relu ses quelques lignes... Intenses. Percutantes... Insupportablement justes... Justes ? Pas si sûr... En tout les cas, il met avec pertinence le doigt là où ça fait mal... Je me suis couché complètement sonné. Mais en sachant qu'un peu de sommeil m'aiderait à y voir plus clair... Ce matin les choses avaient bien décanté. Une amie est à la maison. Pendant quelques jours je ne vais pas avoir beaucoup de temps. Une bonne chose pour prendre le recul nécessaire. Tout à l'heure j'ai croisé WajDi sur MSN. Brièvement. Juste le temps que je comprenne qu'il me sera très difficile d'exprimer la réalité du problème... Quant à ma réponse... Mais j'ai à nouveau envie de dire quelques petites choses... Et c'est déjà un point positif.