>>Pour me contacter par mail<<
Pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique !
| Mai 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||||||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | ||||
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | ||||
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | ||||
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | |||||
|
||||||||||
J’ai voulu revenir sur mon retour en famille après ma détention. Ce peut être une réponse à ceux qui me reprochent d’être resté avec ma femme et de ne pas assumer ma gaytitude... Il suffit de faire un tour sur un forum de discussion, pour avoir droit à ce genre de remarque acerbe. Mais comment aurais-je pu quitter une femme qui me donnait autant d’amour ? Je l’aimais. Pour autant que je puisse donner un sens à ce mot. J’y reviendrai. Au-delà de la simple reconnaissance, comment seulement envisager de la regarder en face et de lui annoncer que je voudrais vivre ma vie, que je vais l’abandonner avec les trois enfants pour partir à l’aventure, vers l’inconnu ? Il ne s’agit pas non plus de respect de la parole donnée. Bien que ceci ait une très grande importance pour moi. Je ne suis pas capable d’expliquer le pourquoi et le comment. Je n’étais pas capable à ce moment là d’évoquer la simple éventualité d’une séparation. Je n’en ai pas été davantage capable quelques mois, ni quelques années plus tard. Je ne suis toujours pas en mesure aujourd’hui de prendre une telle décision. Je dois me rendre à l’évidence : seule la mort pourra nous séparer. C’est la seule possibilité.
Comment en serait-il autrement ? Aux yeux de notre entourage et de nos enfants nous formons le couple le plus unis qu’il se puisse imaginer. Notre relation est toujours aussi fusionnelle, notre entente parfaite sur tous les grands thèmes de la vie...
D’où vient alors ce vide abyssal dans lequel je suis de plus en plus plongé ? D’où vient ce sentiment d’échec total de ma vie ? J'ai toujours eu la volonté de la rendre heureuse. En m’efforçant de minimiser mes aventures dites extraconjugales. Je sais que je ne l’ai pas vraiment rendu heureuse. Et je n’ai pas vraiment vécu.
Ici, je devrais dire : " heureusement il y a les enfants "... Ils sont désormais loin de nous mais toujours aussi proches, aussi tendres et affectueux. Ils ont tout su de mes combats, et ne m’ont exprimé qu’amour et respect. Mais là aussi je ne peux pas ignorer les échecs et les déceptions. Ils ne sont pas aussi bien dans leur peau que je le souhaiterais. J’ai peur de leur avoir fait du mal en les mettant en situation d’assumer des choix qui n’auraient pas dû les concerner.
... ... ...
Voici plusieurs jours que je tourne en rond pour essayer d’aborder la réalité de ma vie d’aujourd’hui. C’était simple et relativement facile tant qu’il s’agissait de raconter l’historique de notre couple et l’injustice subie. Je pouvais me positionner au dehors, en narrateur. Maintenant je dois affronter mes sentiments, mon Moi secret. Et je ne sais pas si j’en aurai la force. Si je serai capable de garder toute l’objectivité indispensable.
Il y a plusieurs mois, j’avais participé à un forum de discussion sur la bisexualité. Un participant m’avait d’une certaine façon remis à ma place :
C'est vrai, on a l'impression que tu joues un peu le "père la morale", surtout pour essayer de te déculpabiliser, sur ce que tu sais être une trahison vis a vis de tes proches ! N'as-tu pas juré devant Mr le Maire ou devant une autorité religieuse, fidélité envers ta femme ?
Dans la vie tout est question de choix tu le dis toi-même. Ton choix n'est pas le mien, je le respecte, mais ton message sent trop l'hypocrisie pour qu'on arrive à "te plaindre", car dans le fond n'est ce pas ce que tu cherches, ainsi qu'une approbation de ton comportement ?
Ces jours-ci j’ai découvert un nouveau forum, autour du film " Le secret de Brokeback Mountain ". Film, soit dit en passant, absolument magnifique et bouleversant. Ce forum semble d’une très grande richesse, et je suis loin d’en avoir fait le tour. Un participant cite un article du New York Times :
... ... ...
Ils se considèrent des époux dévoués, des pères consciencieux et… propriétaire en banlieue et ce qui les amène au point de crise quand ils traversent la quarantaine, cinquantaine voire la soixantaine c’est leur première connexion émotionnelle avec un autre homme.
Pour les Gays (hommes) engagés dans un mariage hétérosexuel, même après que le statut quo soit devenu insupportable, l’attraction de la vie dans un foyer demeure puissante. Beaucoup s’acharnent à préserver leur mariage pour continuer à bénéficier du support émotionnel et financier des épouses ainsi que de certains plaisirs du foyer tel que border les enfants, la nuit venue.
... ... ...
Sortir du mariage et s’installer avec un partenaire gay n’est pas ce que la plupart des homos mariés ont en tête quand ils rejoignent un groupe de soutien, d’après S. McFadden, assistant social en milieu hospitalier, qui dirige de tels groupes à Manhattan. Au contraire après un douloureux éveil/Prise de connaissance de leur orientation sexuelle ; ces hommes veulent sauver leurs mariages. Par le mensonge et les promesses faites aux épouses qu’ils n’auront pas de relations sexuelles avec des hommes quand ils ne les persuadent pas d’accepter leurs doubles vies. (Un petit pourcentage y parvient).
Je ne me sens pas directement concerné par ces analyses. Quoique... D’où vient alors qu’elles m’ont très directement interpellé ? Je suis resté longtemps à m’interroger avant de recevoir en pleine face l’évidence : Je n’ai jamais vraiment aimé. Tout au plus me suis-je laissé aimer... La " première connexion émotionnelle avec un autre homme " n’a en fait jamais existé...
Mes aventures enfantines et adolescentes n’étaient que des jeux sexuels, plus ou moins poussés... Mon amour pour Momo a sans doute été réel. Mais tellement platonique ! Si l’amour avait été aussi puissant que mes souvenirs me le restitue, ne me serais-je pas battu bec et ongle pour posséder l’être vénéré ?... Ai-je vraiment aimé JRC. ? Notre liaison pendant plus de quatre ans n’empêchait ni les séances de drague occasionnelles ni les aventures féminines à l’occasion des vacances. N’étais-ce pas plutôt le besoin de m’approprier, de " posséder ", le garçon le plus séduisant et le plus apprécié de l’internat ?... Et Jean-yves. Oui, j’ai été séduit par son physique. Je me suis laissé désirer, aimer, accaparer. Et je me suis tout de suite enfui lorsque la relation a été fragilisée et qu’il aurait fallu que je me batte pour le reconquérir, pour le garder. Peut-être attendait-il cela. Des actes...
Et ma femme ? Je ne suis pas à même de prendre des positions aussi tranchées... Oui, je doute de ma capacité à éprouver des sentiments vrais. J’ai toujours essayé d’être honnête vis à vis d’elle. Je lui ai toujours dit mes interrogations sur mes aptitudes à aimer. Je lui disais aussi ma seule certitude : je ne pouvais pas me passer d’elle. J’ai toujours été, je suis toujours incapable d’envisager un seul instant de vivre sans elle. Ces dernières années, la vie m’a malheureusement donné des occasions de le vérifier. Chaque fois que la maladie menaçait de me l’enlever, je vivais une effroyable torture, une véritable panique m’envahissait, et je pouvais mesurer l’importance de notre attachement. Mais est-ce de l’amour ?
Et mes rencontres masculines, occasionnelles et furtives ? Je me rends compte maintenant que lorsqu’elles auraient pu être l’amorce de quelque chose de plus fort, je trouvais un prétexte pour parler de ma femme et de ma famille dans les détails... De quoi refroidir le plus téméraire... Je raconterai peut-être plus tard une aventure particulièrement significative. Où, une fois entre autre, je n’ai pas eu le courage de regarder la vérité en face.