Nota :


>>Pour me contacter par mail<<

Pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique !

 

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>
Mercredi 17 octobre 2007

Contrairement à ce que d’aucuns pourraient croire...

Bon sang que tout va vite sur Internet. Je pense à ça depuis quelques jours. Tout sentiment semble exacerbé, intense, violent, et tout disparaît en un clin d’œil... Plus de trace. Que n’aurai-je vécu en quelques mois, depuis mon premier billet, fin janvier. L’introspection solitaire, dans une démarche profondément narcissique. Puis très vite le forum BBM, où j’ai cru, espéré trouver quelques amis. Puis Alex, et cette relation si intense, si forte. Transfert plus plus plus... Puis le forum qui se délite... Puis Alex qui de confident très intime et fils spirituel devient un adversaire sans concession. Puis WajDi, diamant brut, qui s’est retiré sans bruit quand il en a eu assez. Ou quand il n’a plus supporté de devoir regarder les choses en face. Puis deux, trois quatre lecteurs qui m’entourent, me coucounent, me dorlotent, avant de repartir vers d’autres intérêts...

Et parallèlement à tout ça, la maladie de ma femme, silencieuse, de moins en moins silencieuse, qui prend son élan et envahit tout...

C’est vrai que j’ai souvent eu le vertige. Que j’ai eu le sentiment de boire la tasse. Que j’ai battu désespérément des bras devant un écran vide... Mais ce n’était pas la vraie vie...

 

Ce préambule n’est pas hors sujet. En soulignant une vie virtuelle factice, j’essaye de préciser le sens de ce que je vais dire. Même dans la vraie vie, il y a du factice. Du vrai, du profond, et de l’illusion. Je hais l’illusion.

 

C’était lundi dernier. Jour de kiné respiratoire, pour essayer de vaincre cette bronchite qui m’épuise. La séance commence comme à l’accoutumé. Exercices méthodiques, dirigés à distance par le thérapeute. Puis il vient, pour des massages physiques effectifs sur ma cage thoracique. Politesse et sympathie, il me demande des nouvelles de ma femme. Le dimanche avait été difficile. Je résume la situation. Dur, très dur. Il entreprend les exercices dirigés, me fait respirer à fond, plaque largement ses mains sur mon buste, et comprime de toutes ses forces mes poumons, les obligeant à se vider au maximum...

Brûlant. Des fers rougis au feu. Ses mains, extraordinairement douces et chaudes me torturent littéralement. J’essaye de me concentrer sur l’exercice. Je ne parviens pas à totalement contrôler mes sanglots. Je sens mon menton trembler. Je sens les larmes qui coulent vers mes tempes. Je m’accroche. Je me contrôle. Je suis submergé. Je m’épuise. Nous avons écourté la séance. Je me suis excusé, désolé. Sa façon de minimiser l’incident me laisse penser qu’il a cru à une bouffée de chagrin désespéré. Ça aurait pu.

Mais ces mains d’homme sur moi... Ces mains tout court... Depuis combien de temps mon corps n’a-t-il pas existé pour qui que ce soit ? Même Monique, concentrée sur sa souffrance, accepte que je lui prenne la main. Comme timidement. Rien d’autre.

 

Hier au soir, je rentrais de la clinique. Petit détour par le centre ville, et les quais. Automatisme irréfléchi. Addiction. Et dans la lumière des phares, une silhouette svelte, sportive. Beau corps. Beaux mollets soulignés par le pantacourt. Tête plutôt jeune. Je me gare. Des silhouettes sortent de l’ombre. D’où ? De l’ombre. Mystère des lieux de drague. Personne. Si, des silhouettes. Qui tournicotent autour de la juvénile apparition. La lueur d’un réverbère a suffit à me renseigner. L’objet de toutes les attentions a 35 ou 36 ans. (Il me le confirmera plus tard... J’ai l’œil...) Tout de suite calmé, je lève donc le pied et reste en observateur... Mais l’homme en question semble me viser, moi... Je le laisse faire les manœuvres d’approche. Nous engageons la conversation. Je dois reconnaître qu’il est beau mec, visiblement sportif, bien dans sa peau... Mais... C’est un père de famille nombreuse. Il aime bien venir ici faire son jogging du soir... Ça me fait du bien de parler un peu. Discutons. Les ombres n’abandonnent pas. Elles tournent, virevoltent... Il me demande si je peux le rapprocher de chez lui, en fait à l’autre bout de la ville. Un peu de travers, comme un crabe, mais c’est parti... Il y a des chemins creux avant d’arriver dans son lotissement.

Il y a longtemps que je n’avais pas fait l’amour avec une telle intensité. J’ai débuté timidement par une fellation. Presque sur la réserve. Ce garçon m’a révélé un véritable corps d’éphèbe grec. Imberbe, ferme et musclé. D’une douceur infinie. D’une sensualité explosive. Il a guidé mes conquêtes. Il a gémi. Crié. Hurlé sous mes assauts. Son plaisir faisait plaisir à voir. Sa jouissance a été intense. A me surprendre. La mienne m’a étourdi. A un moment crucial il m’a refusé ses lèvres. " J’embrasse pas "...

J’ai niké. Je n’ai pas fait l’amour.

 

Cet après-midi, en partant, j’ai fait le détour habituel. J’arrivais sur le circuit lorsque j’ai aperçu un cycliste tournant dans le chemin creux. Un sportif. En tenue. Pas un pépère sur une vieille bécane... Devinez... J’ai suivi... Je suis arrivé à temps pour le voir entrer dans les bosquets avec son vélo. J’aime bien voir de plus près. Quitte à m’excuser si vraiment il y a erreur sur la personne...

Le mec a un corps de sportif, les belles jambes galbées et rasées des cyclistes. Lunettes noires, bandana noir cachant l’essentiel des cheveux. Pas assez pour que je ne remarque pas les tempes grisonnantes. Puis les pattes d’oies. 45 à 50, au pif. Sportif, bien foutu, mais 45 à 50. Prêt à prendre les paris... Il ne m’a pas laissé le temps d’hésiter. Il est parti à l’assaut de ma braguette avant que je dise ouf... Et il avait des arguments. Qui ne m’ont pas laissé indifférent.

A un moment, en prenant le temps de retrouver sa respiration, il a relevé ses lunettes noires sur le bandana... Des yeux d’un bleu... A tomber à la renverse...

Mais il a repris aussitôt ses activités, et même si je me suis dit que Stephan n’avait pas eu à se plaindre, là, il ne s’est interrompu qu’après m’avoir bu jusqu’à la dernière goutte, me laissant sur des jambes flageolantes... En plus, il s’est comme excusé... " Désolé, je ne résiste pas devant une belle queue "...

En partant je me suis dit qu’au moins ce soir, je pourrai rentrer directement...

J’ai peut-être niké. Pas baisé. Pas fait l’amour. Crûment. Je me suis laissé vider les burnes...

 

Ce billet est pour mes enfants. Je voudrais tant qu’ils comprennent. Internet est virtuel et factice. C’est la règle du jeu. Ou on s’en accommode, ou on privilégie le cinéma ou la lecture...

La vie d’un vieux gay solitaire plutôt défavorisé par la nature, est irrémédiablement, également, plus ou moins virtuelle et toujours factice. Des aventures de baise plus ou moins sordides. Sans connaître ni prénom, ni âge véritable. Un coup, en passant, en attendant le suivant. Je ne peux m’en accommoder, ni remplacer par du cinéma ou de la lecture...

Vous êtes ma vie, vous êtes mon sang, ma raison d’être jusqu’à ce jour. Je vous aime comme, je le pense, peu de pères ont aimé leur progéniture. Parce qu’elle n’était pas acquise d’avance... Sans hésiter une seconde, je serais prêt, là, à l’instant, à mourir pour l’un de vous trois si la vie l’exigeait...

Je sais que vous m’aimez. Enormément, passionnément. Que vous voulez mon bonheur.

Mais quoi que vous fassiez, quelles que soient vos intentions, vous ne serez jamais ces deux mains chaudes qui se posent amoureusement sur ma poitrine. Vous ne remplacerez jamais ces baisers chastes ou enflammés que votre mère posait sur mes lèvres, pour me ramener au calme ou pour m’attendrir...

Quel que soit votre amour, vous viendriez me voir de temps en temps. De moins en moins souvent. Et c’est normal. Il faut que ce soit ainsi. C’est la vie.

Vous n’y pouvez rien. J’aurais pu être un autre et oublier avec l’âge ce qui est en dessous de ma ceinture. Je ne suis pas cet autre. C’est la vie.

Sans vous, je n’aurais pas dépassé la cinquantaine. Vous avez fait beaucoup. Tout votre possible. C’est la vie.

Alors, aujourd’hui, quoi qu’il arrive. Je vous interdis de culpabiliser ! Acceptez la vie comme elle est.

publié dans : La vie continue
ajouter un commentaire commentaires (4)   
créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus