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La journée d’hier avait été difficile à la clinique. A vouloir encore poster, j’avais eu une nuit trop courte. Ce matin c’était la course pour mes problèmes de santé personnels... Un peu raz la casquette. Tout en faisant du rangement, ma tête bourdonnait de mes dernières histoires... Soudain j’ai réalisé que l’on était mercredi, qu’il y avait pile une semaine que j’avais rencontré mon petit biquet. Le lendemain, je l’avais ré aperçu, il avait fait mine de venir vers moi, mais je lui avais fait comprendre que je n’avais pas le temps. Je partais rejoindre Monique à ses rendez-vous de la clinique.
Cette histoire d’écart d’âge me travaille beaucoup, je le reconnais. Cette attirance que j’ai eue pour ce môme qui, très longiligne, n’est pas franchement beau, malgré son adorable petite frimousse, n’est pas faite pour m’apaiser. Désir ou faiblesse ?
L’heure correspondant à la première rencontre approchait. J’ai tout planté, aspiro en plein milieu de la pièce, repas en cours de préparation, et je suis allé sur les quais...
Il était là. En train de tourner autour d’un biquet de la vingtaine, un petit métis black, un peu rondouillard, des arabesques complexes dans des cheveux courts très bruns mais largement méchés de blond... D’un doigt sur la bouche, mon biquet me fit le signe " chut "... Je m’installais un peu plus loin appuyé à la rambarde.
Ils ont parlé assez longuement. Finalement Richard, (je pourrais quand même cesser de le nommer " biquet "), s’éloigna seul vers les petits bosquets complices. Je pensais un moment qu’ils allaient se rejoindre. Rien. Richard me fit des signes. Je lui répondis dans le même langage que je ne savais pas s’il m’attendait moi, ou l’autre... Avec véhémence il me désigna d’un doigt accusateur... Je l’ai rejoint.
Scénario bis repetita de la semaine passée, je ne vais pas détailler. A noter quand même qu’il m’a de nouveau juré ses grands dieux qu’il avait plus de dix-huit ans, qu’il a clairement manifesté du plaisir à me retrouver, et qu’une relation beaucoup plus tendre s’est établie...
Nous devons nous revoir. J’avoue que je ne comprends pas trop. Et moi, et ce gamin. Je lui ai redit que je pouvais être son grand-père, il a rit et m’a embrassé tendrement sur la bouche. Malgré ses réticences. Ça m’interroge beaucoup par rapport à mon physique. Je vais y revenir.
A midi, je me foutais de tout. J’étais bien. J’avais jeté la morale au panier. Les opinions des lecteurs avec...
Ce soir, c’est encore autre chose. Mais j’y reviendrai dans le prochain billet, si j’ai la force d’aller jusqu’au bout de mes projets...
Addict de la beauté.
J’ai souvent pensé en faire le sujet d’un article. Mais je ne suis pas mûr. Je n’y vois pas encore clair. Je veux juste ce soir y consacrer une petite parenthèse.
Avant de dire quelques mots sur mon attachement exagéré à la beauté physique des autres, les choses étant liées, je me dois de dire quelques mots sur MA perception de MON physique.
J’ai toujours haï mon corps, aussi loin que je me souvienne. Je ne me sentais pas chez moi. J’aurais dû être autre. J’ai souffert énormément, enfant, des quolibets de mes condisciples. " Patate ". " Sac à patates " aussi, tant qu’à faire... " Bouboule ". " Gros lard ". " Le gros ". " Le pouf ". " Bichon " (surnom d’un nounours de mon époque). J’en oublie, c’est sûr...
J’en ai parlé, ma force n’était pas un atout, mais un handicap supplémentaire.
Je ne cessais de me faire des grimaces dans la glace, de me jeter à la figure des " T’es laid pauvre con ! "... L’idée ne m’est jamais venue que j’aurais pu travailler ce corps pour en augmenter les performances et en améliorer l’aspect. Mes deux parents étaient gros. Tous deux diabétiques, à la limite de l’obésité... Je considérais cela comme une fatalité. Je ne me suis jamais interrogé pourquoi mon frère et ma sœur, eux, étaient minces et beaux... Bof, plaisanterie classique : ils étaient passés devant, et avaient tout pris...
Je suis certain que c’est une sorte de jalousie envieuse qui m’attirait irrésistiblement vers les plus beaux de mes congénères. Une sorte d’accaparement, de prise de possession de cette beauté inaccessible. Peut-être y a-t-il là l’origine même de mon homosexualité.
Toujours est-il que je n’ai jamais pu être attiré par une fille, un garçon, qui n’ait eu un charme évident, flagrant. Voire une beauté hors norme... En feuilletant des photos, j’ai retrouvé une photo de JRC, mon jeune amant pendant mes cinq ans d’internat. Un profil grec parfait, digne d’une médaille. Je ne fantasme pas en disant qu’il était le plus beau de notre promotion. Il l’était. Momo était un magnifique adolescent, Jean-Yves était un très très beau gars, etc. ...
Je suis passé à côté de combien de gars très ordinaires, qui auraient su m’apporter cette tendresse et cette stabilité que j’appelais de mes vœux ?
Les quelques rares femmes qui ont compté pour moi avaient une plastique irréprochable. Monique est restée fort belle femme jusqu’à récemment... Et parfois je me suis demandé comment j’aurais réagit, si, avec l’âge elle avait pris de l’embonpoint, des hanches trop larges, des jambes lourdes comme sa sœur. Pas de réponse. J’ai frémis.
Et si mes enfants n’avaient pas été beaux ? Car ils le sont tous trois, dans des styles très différents. Ils savent d’ailleurs en exploiter les possibilités... Mais s’ils avaient été moches ? Handicapés ? Un peu débiles ? Je ne peux pas répondre. Je frémis.
Il n’y a que dans le boulot que je me suis obligé à un énorme travail de contrôle de moi et de dépassement de cette tendance. Car je savais bien qu’une jolie fille sensuelle, un bel ingénieur brun aux yeux bleus avaient au départ plus de chance d’être recrutés qu’un malheureux cageot... Là, je suis parvenu à regarder au-delà. C’était vital. Et j’ai eu de belles réussites à ce propos.
Mais je vous assure, l’addiction à la beauté, c’est une vraie maladie !
Et maintenant, au couchant de ma vie, mes certitudes partent en pièces. Il m’arrive d’être obligé de le reconnaître. Quelquefois, je plais. Mais pourquoi bon dieu ? C’est vrai que tous ces canons, tous ces amants, ils m’ont choisi aussi, je ne les ai pas violés. Mais bon, la nature humaine tolèrent facilement les exceptions qui confirment la règle. Mais maintenant... Richard, ce gamin, qui laisse tomber un petit biquet, pas le top, certes, mais d’une vingtaine d’années pour me rejoindre. Stephan, refuse le jeune concurrent arrivé après pour rester avec moi... Je n’ai à rougir d’aucuns des amants de passage que j’ai rencontrés ici. Tous avaient du charme. Sinon je ne serais pas allé avec eux, c’est vrai. Mais eux auraient pu choisir tellement mieux...
Mais que me trouvent-ils donc ?
Vous le voyez, il faudrait que je continue mon travail de transparence encore quelque temps, pour réussir un vrai billet sur ce sujet...