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Je savais bien, cette nuit à plus de 2 heures, que je terminais mon billet en eau de boudin... Mais je n’avais pas l’esprit assez clair. Et je voulais poster. J’ai relu ce matin. Il me semble que je suis relativement clair, mais je m’arrête en chemin... Pourtant, j’en connais qui vont trouver tout ça bien verbeux... Bof, ils se contenteront des titres... Je ne pense qu’à tout ce que je n’ai pas réussi à verbaliser, depuis que je suis levé.
Je sais bien que, au jour d’aujourd’hui, tout le monde met la pédérastie à toutes les sauces. Les médias, comme un seul homme ont adopté ce créneau, et ils parlent de pédophiles pour des hommes mûrs qui abusent de jeunes filles de dix-neuf ans... Merde, la majorité sexuelle est légalement à quinze ans ! Garçons et filles sont aujourd’hui (merci Mitterrand et Badinter), considérés aptes à faire leurs choix sexuels, et donc le choix de leurs partenaires, dès leur quinzième anniversaire. Les mecs qui abusent de la faiblesse des autres, il y en a toujours eu. Il y en aura hélas toujours. Des viols aussi. Il y a quelques temps, ma femme et moi regardions une émission sur une nouvelle brigade policière chargée uniquement des affaires de viols. Travail à plein temps. Le réalisateur avait été assez honnête pour choisir des exemples bien différents, affaire d’inceste, violeur en série, viol d’un jeune homme par un autre homme également jeune mais, -et-, séropositif... Je ne supporte pas que l’on puisse porter atteinte à l’intégrité d’une personne. Quel que soit le cas, la situation. L’agression d’une grand-mère me révulse tout autant que le viol d’une lycéenne. Tout autant, pas plus, pas moins que le tripotage forcé sur un gamin de dix ans...
Car il y a une énorme hypocrisie dans notre monde civilisé. Les enfants sont sacrés. Sacro-saints, même. La gravité des actes est inversement proportionnelle à l’âge de la " victime "... Pourquoi ? Un petit con de six ans est-il moins con qu’un vieux con de cinquante ans ? Vous croyez ? Au secours, Brassens ! " L’âge ne fait rien à l’affaire... " Mais par contre on ne fout pas au trou un maire qui décide d’interdire l’accès à la cantine scolaire à des enfants dont les parents sont en situation irrégulière... Les flics n’hésitent pas à interpeller des grands-parents sous les yeux de leurs petits enfants. Quand j’ai été arrêté, les flics m’ont entouré comme un délinquant dangereux, lorsque j’allais prendre ma voiture, sur le parking. Au pied du balcon où ma femme et mes trois gosses me faisaient des au revoir... Je ne l’oublierai jamais. Il y a traumatisme et traumatisme. Selon la convenance... des autorités.
J’avais dans les 13 ans quand j’ai commencé à courir les pissotières et les lieux de drague pédés. Vous pensez vraiment que les adultes me pervertissaient et me traumatisaient ? Enfin, si, une fois. Un mec de la quarantaine m’avait dragué, entraîné dans quelques sous-bois, et s’était bien amusé de moi. J’avais bien joué aussi. Je me souviens de cette bite que je ne me lassais pas de sucer, qui était restée bandée même après avoir joui... C’est le gars qui dût un peu calmer mes ardeurs... Donc il m’a choqué. (Traumatisé, non, n’exagérons pas...) en écrivant sur la porte des toilettes à mon intention : " C’était super hier... Samedi prochain tu pourrais venir avec un petit copain ? "
Bref. Je me résume. Je ne veux pas tomber dans l’hypocrisie anti-pédophile. Comme je l’ai dit hier, les petites têtes blondes, ce n’est pas vraiment mon problème. Je n’ai jamais eu, et je n’ai aucun état d’âme à ce sujet. Mais je dois être objectif. Pour le commun des mortels, l’enfance ne s’arrête pas à la puberté. Ni même à la majorité. Moi-même, en racontant ma rencontre du jeune biquet je disais : " Imaginer mon vieux corps flasque et bedonnant collé à cette chair si fine, si légère, me révulsait. " J’ai en tête les réserves fortes de WajDi au début de nos échanges : " Ce qui me gêne le plus chez toi, c’est ton côté kiffeur de jeune keum ". De mémoire... J’avais frémis à l’idée qu’il puisse me prendre pour un vieux pervers. Dans notre société, l’écart d’âge important n’est pas toléré. Nous avons déjà échangé sur ce thème. Le vieux est un pervers. Le jeune un gigolo. Binaire. Et comme tout ce qui est binaire, con.
Dans mon cas, vient se surajouter une forte dose de paternalisme. J’aime couver, plus que couvrir mon jeune amant. J’aime l’accompagner. L’aider à progresser, à grandir. Sentiment confus et complexe auquel j’ai souvent réfléchi. Conséquence d’un fort manque de confiance en moi qui me fait chercher une reconnaissance par des services rendus, puisque je ne peux être aimé pour moi, en tant que moi... Recherche du jeune frère qui m’a tant manqué, enfant solitaire, les grands étant loin de la maison. J’ai même pensé à un traumatisme datant de l’époque où ma mère fit une fausse couche, je devais avoir dans les quatre ans... Etc. ...
Je pensais à tout ça en faisant mes courses ce matin. Et soudain, une question m’envahit, m’obséda : " Paternalisme ou autoprotection ? ".
Ça changeait tout. Des horizons nouveaux s’ouvraient devant mes réflexions...
Dans un premier temps, il est vrai, c’était confortable et presque rassurant de penser que je me tournais vers les jeunes pour être en position de force, hors de danger. Mais c’est complètement faux, et même risible si l’on pense agression physique. Je suis attiré par les mecs virils, baraqués, sportifs, puissants, capables de me dévisser la tête d’une seule baffe... Et je les provoque. Soutiens leur regard, manifeste mon intérêt, me retourne sur leur passage... Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas encore pris un pain... Alors que les vieux qui me courent après, qui seraient prêts à s’aplatir devant moi, ou au moins à se mettre à genoux, qui eux sont homosexuels confirmés, sont totalement sans danger, totalement inoffensifs... Physiquement.
Dans un deuxième temps, j’ai pensé à d’autres menaces. Dominance sexuelle. L’âge me donne une prépondérance sur mon jeune amant. Je peux me poser en homme qui offre ses services, qui ne se contente pas de " mordre l’oreiller ". Je suis " trop vieux pour ça ". Alors qu’avec un homme de mon âge, nous serions à égalité, et rien ne m’autoriserait à me poser en dominant. Ce n’est pas plus vraisemblable. Les partenaires de mon âge qui me cherchent, cherchent le mec viril et dominant. Justement. Les jeunes plus ou moins hétéros qui acceptent de venir se prendre dans mes filets sont d’abord, et avant tout attirés par la possibilité de se faire faire une bonne pipe, et si possible d’essayer un cul de mec... Je dois les travailler au corps, pour décrocher un peu de réciprocité... Je n’ai jamais accepté d’être " autoreverse " avec un adulte (je ne parle pas des " vieux ", expérience quasi inexistante...) Le seul mec qui a fait de moi un passif complet, n’avait pas dix-huit ans alors que j’en avais trente six ou trente sept...
Pas encore la bonne explication. Pourtant... Je suis sûr d’approcher... Il y a de l’autoprotection dans cette affaire. Mais protection de quoi ? Sur quoi ? A propos de quoi ? Contre quoi ? Pourquoi ?
J’aime les enfants inconditionnellement. Du fond des tripes. Je les aime petits, plus grands, encore plus grands... Ce paternalisme dont je parlais, ce n’est rien de plus qu’un besoin de protection et d’accompagnement ! ... Hé, hé !... Et si justement... J’avais besoin de la protection de ce besoin de protéger... Vous suivez ? Il est impensable que je puisse faire du mal à un jeune, y compris sexuellement. Ce refus de baiser, dont je parlais hier, " Non, tout mais pas ça ", n’était-ce pas le refus inconscient –et confus- de faire mal... Car la pénétration ne peut être que souffrance... Docteur Freud... Jusqu’à six ans je dormais dans la chambre de mes parents... Avec un partenaire de mon âge, rien ne freinerait le besoin de posséder. De prendre. De dominer. J’y reviens... Qu’y aurait-il donc de si redoutable si je laissais libre cours à mes pulsions ? Pourquoi ai-je peur de ma sexualité ? Ai-je peur de mon propre sexe, de mon propre membre ? Ai-je peur, au point de tout nier, de mes désirs inconscients ?
Lorsque je fréquentais le Club 31, dans ma jeunesse (...!...) il y avait un habitué, un gars d’une quarantaine d’années, bon chic, bon genre, qui m’avait pris en sympathie. Il savait qu’il n’avait aucune chance, mais aimait parler avec moi. Comme ça, à bâtons rompus. Il m’interrogeait, je racontais mes dernières aventures. Un soir, il me dit être intrigué... " Je me demande si tu ne te trompes pas du tout au tout, si en réalité, malgré ta carcasse, tu n’as pas un besoin profond, absolu d’être passif... Comme je le suis à 100%... Tu sais, c’est un plaisir merveilleux !... " Je suis resté estomaqué. De toute autre personne, j’aurais très mal pris la chose. Là, je ne pouvais qu’écouter cette personne distinguée, genre cadre supérieur, pas efféminé pour un sous, qui affirmait tranquillement ses désirs de passivité exclusive ! J’ai nié. Bien sûr. J’ai douté. Secrètement. J’ai expérimenté la passivité. Echec. Pour moi, en me donnant, je n’ai jamais éprouvé autre chose que de la souffrance. Des douleurs violentes même. Ce n’est que par la volonté, et non un quelconque désir, que je l’ai occasionnellement acceptée, parce que je ne pouvais rien refuser à un partenaire qui m’avait comblé... Sauf dans le cas d’Eric. Mais même avec lui, ce ne fut jamais une partie de plaisir. Un désir fou de se donner totalement pendant un amour fou. Prêt à accepter n’importe quel niveau de souffrance. Pour qu’il soit heureux un moment. Enfin... Assez souvent...
Ce n’était pas une bonne piste. Comme ne serait pas une bonne piste la voie du sado-masochisme, la relation maître-esclave, ou l’urologie, ou toutes les perversions diverses et variées. J’en ai connu beaucoup, pendant ma relative longue expérience. La plupart du temps, je m’interdisais tout rejet de principe. Mais je n’éprouvais que déplaisir, voire dégoût, ou alors une totale indifférence. Ce n’était pas mon truc.
Je l’ai dit hier. " Non pas que je refuse l’imprévu. Au contraire. Je suis toujours en attente de surprises, d’étonnement, de tabous brisés... ". Je reviens toujours à la même interrogation. Quelles sont les menaces de déstabilisation qui me font, moi, complètement bloquer lorsque je dois, moi, sortir de mes chemins tracés ?
Trouverai-je la réponse ce soir ? D’évidence, non.
Peut-être un lecteur bien intentionné m’ouvrira-t-il de nouvelles pistes de recherche ? (" Y a-t-il un psy dans la
salle ?? ")
Je me suis couché trop tard hier. Je ne dois pas déconner. Il faut que je me repose. Monique a tellement besoin de moi. Nous ne sommes pas prêts de voir le bout du tunnel. Même à la clinique ils ne parviennent pas à contrôler la douleur. Je me demande combien de temps elle va rester hospitalisée... Je crains fort que ça se prolonge. Surtout qu’elle n’est pas désireuse de partir ! " Je suis bien là. Si besoin, j’appuie sur ce petit bouton rouge, et dans les deux minutes l’infirmière est là, pour me faire si nécessaire une piqûre de morphine. Tu ne pourras jamais faire aussi bien ! "...
Non. Je ne serai plus capable de l’aider à ce point. Mais elle a besoin de moi. Les enfants et moi sommes sa seule raison de vivre. De continuer à supporter l’insupportable.
Pour moi, le matin le quotidien incontournable. Plus mes traitements pour cette bronchite tenace. L’après-midi à la clinique. Retour vers 21 h.00. Repas, petit tour des blogs, y compris le mien... Je ne trouve pas le temps de faire un vrai ménage, les petits bricolages, le jardinage minimum... Je ne trouve même plus le temps de draguer. Beaucoup moins que lorsqu’elle dormait des après-midi entières, et que je réussissais à m’échapper... C’était ça, la liberté que vous vouliez me faire miroiter ? Passons. Je ne veux plus fâcher ceux qui me manifestent de l’intérêt...