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Je n’ai pas le cœur à écrire ces temps-ci. Je suis désolé pour les quelques lecteurs réguliers qui tombent toujours sur la même page...
Être ou paraître. J’en reviens toujours à cette question. A quoi cela sert-il de se définir si on se ment à soi-même ? J’ai du mal à comprendre. Mais peut-être est-ce moi qui me torture trop et qui ai une quête pathologique de la vérité. De la transparence. Je ne m’aime pas, et je voudrais que l’on m’accepte comme je suis. Incohérence. Il y en a qui sont aimés pour ce qu’ils sont, et qui voudraient être vus autrement. Incohérence. Comment réussir à écrire dans ces conditions ?
Il faut un évènement. Un petit quelque chose qui provoque le déclic. Qui permette de parler sans rien dire. J’ai été servi aujourd’hui. Je vais quand même essayer d’utiliser l’incident pour poursuivre cette fameuse transparence. Marrant. Ce mot me faisait grincer des dents il y a quelques semaines. Aujourd’hui, j’ai envie de m’en gargariser...
Monique n’était pas bien aujourd’hui. Après le repas de midi, elle s’est recouchée. Je suis donc allé seul faire les courses. Et j’en ai profité pour faire une petit tour. Pardi... Je suis rentré tard, plein de culpabilité, en me jurant que cette fois, c’était bien la dernière. Culpabilité et honte de l’avoir laissée seule. Elle dormait encore, je l’ai réveillée... La culpabilité n’était qu’une bulle de savon... Pfff...
Je n’avais pas prévu de traîner aussi longtemps. Surtout en vain. Rien. Rien de rien. Et heureusement. Car je n’aurais pu rien faire... Je suis en train de devenir réellement impuissant... Depuis le temps que ça menace... Le diabète. Je ne suis pas attentif à mon traitement. Lors du dernier contrôle, le toubib a fait la grimace. Mais pourquoi me parlerait-il de régime ? De suivi rigoureux du traitement ? Il ne se fait plus d’illusion. Il est aux premières loges pour savoir que j’ai d’autres priorités. Je lui ai parlé de ma baisse de puissance. Il m’a fait une ordonnance de Viagra... Que je n’ai pas acheté. Je n’arrive pas à m’y résoudre. Bof, je mélange tout. Ce pourrait être le sujet d’un autre billet...
Je n’avais pas prévu de traîner longtemps. Pourtant les cigarettes se sont enchaînées. Je m’emmerdais ferme, vu le calme plat niveau circulation. Du coup, je faisais de temps en temps un petit circuit en voiture. Pour passer le temps. Et soudain...
Non, je ne rêvais pas... Une petite voiture blanche était garée sur le bas-côté de gauche, face à moi... Et devant sur le capot... Non, c’est pas vrai, deux mecs en train de baiser... Non ! Un jeune mec, complètement à poil, me tournant le dos, qui tringlait une femme couchée sur le capot, la jupe retroussée. Il l’embrassait à pleine bouche en donnant de furieux coups de reins... Scotché. J’étais scotché. Ce n’est pas la première fois que je rencontre des exhibitionnistes. Le plus souvent sur les sièges couchette de la voiture. Mais là ! En plein jour ! Sur une route peu fréquentée il est vrai, mais faisant parti du circuit de drague gay... Pas un hasard sans doute... Mais les habitants des mas voisins (dont certains font chambres d’hôtes) l’utilisent ! Mais les flics font (bien sûr) de temps en temps une ronde !
J’ai ralenti. Profité. Le mec, vingt, vingt-deux ans, avait un corps superbe. Très musclé. Les épaules larges, les hanches étroites. Imberbe. Son épaule droite couverte d’un énorme tatouage. Le bras gauche avec une frise tatouée au niveau du biceps. Arrivé à leur hauteur, j’ai vu son visage. Une belle petite gueule de petit dur, des traits réguliers bien que déformés par un rictus de jouissance. Une chevelure abondante et bouclée, châtain clair. Un beau gosse. J’ai à peine vu la femme qu’il couvrait aux trois quarts. Suffisamment pour remarquer des cheveux noir jais, d’évidence teints, des jambes quelconques, et surtout plus âgée que son partenaire d’une bonne quinzaine d’année. De toute façon, je l’ai à peine vue. J’étais ébloui par la beauté du garçon. Je suis vraiment un PD... Un vrai de vrai. Aucun doute.
J’ai fait demi-tour, et je suis passé ainsi au pas devant eux trois fois de suite. J’étais en train de tourner une quatrième fois avec l’intention de me garer à leur côté, lorsqu’ils m’ont dépassé en trombe. Le gars était au volant, au moins torse nu...
Je n’ai pas pu rentrer tout de suite. Il fallait que je digère... Que je digère aussi que mon bas-ventre n’ait pas été particulièrement ému, alors que mon cœur battait la chamade... Puis est venu un vide immense. Aussitôt envahi par la culpabilité d’avoir laissé ma femme seule.
No bilan... Quand je disais que c’était parler pour ne rien dire... Une anecdote. Sans plus.