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Vendredi 14 septembre 2007

Voici plusieurs jours que je suis obsédé par le fait de n’avoir consacré aucun billet à deux personnes qui me sont chères, à des titres différents : mon père et Bob. Je cherchais comment parler de cet ami, celui que l’on appelle généralement son meilleur ami. Je ressentais comme un presque crime de l’exclure ainsi de la vie que je trace à travers ce blog. C’est lui qui en plaisantant avait rajouté un " y "à " Bob " pour me désigner... Nos surnoms se faisant concurrence. Mais lui, ça a toujours été " Bob ". Même sur le plan familial et professionnel. Bien peu de personnes savent son prénom réel, (qui n’a aucun rapport).

Et puis m’est revenu en mémoire une lettre que je lui avais écrite.

 

C’était en décembre 2005. Bien avant l’ouverture de ce blog. Bien avant l’apparition du deuxième cancer de Monique. Il y avait dix-huit mois que nous étions venus nous installer ici, en Provence, pour soi-disant une retraite paisible.

Aussi pour fuir une situation qui était devenue invivable. Frédéric s’installait dans la marginalité, sans travail, le RMI devenant un argent de poche confortable, puisqu’il vivait à nos crochets. Je n’avais pas su ou pas pu le rendre autonome, après son retour en catastrophe au domicile familial, lorsqu’il s’était retrouvé sans ressources. Déménager, c’était d’une certaine façon fuir, et l’obliger à prendre ses responsabilités...

Mais depuis dix-huit mois, rien ne s’était arrangé. Il était en train de devenir SDF, après avoir squatté chez son frère, puis chez sa sœur, puis chez un copain...

Un jour, nous recevions nos amis Bob et Jo à déjeuner. Bob est le parrain de Fred. La discussion aboutit inévitablement sur lui. Bob, comme il sait le faire, m’attaqua bille en tête, sans me faire de cadeaux. Là, j’en reçus plein la tête. Comme d’habitude, je me montrais incapable d’argumenter, de raisonner, de contester. A chaud, je suis toujours lamentable dans ce genre de discussion. Il me fallut plusieurs jours pour digérer et remettre mes idées en place. En découlait une longue lettre que je lui envoyais.

Je la place ici dans ce billet, avec juste quelques modifications pour protéger l’anonymat. J’avais un temps pensé la reprendre, beaucoup de choses que j’écrivais alors étant déjà dans ce blog. Sur d’autres points, j’ai beaucoup évolué. Et puis je l’ai relue. Je me suis dit que c’était une sorte de témoignage. Ce que je pensais il y a deux ans. Avant l’expérience d’Internet.

A vous de voir.

 

Réflexions, après la discussion avec Bob et Jo,

Fred va avoir 33 ans, il est SDF, ne travaille pas depuis des années, vivote avec le RMI, ne semble avoir aucun projet constructif. C’est un artiste. Ai-je le droit d’être aussi affirmatif ? Il a un coup de crayon et de pinceau que j’admire et crois exceptionnel. Mais il ne semble pas avoir encore trouvé un style propre. Et, a-t-il du talent ? Je n’ai pas les compétences pour l’affirmer ou le nier. Je suis bien le dernier à pouvoir être objectif. Et puis, je suis largué depuis sa passion pour "l’Art éphémère", les "tags" … (Ne surtout pas confondre avec les graffitis !)… Je n’ai jamais vu ces œuvres là… Je me désole de voir gaspiller de tels dons. Mais ai-je raison ? Ridicule conflit de génération ? Il inquiète beaucoup Monique. Je suis inquiet aussi, bien sûr, mais je ne sais pas. Je ne sais plus ce qui est du domaine du "normal" et de "l’anormal". C’est lui qui va mal, ou c’est nous qui vivons mal sa marginalité peut-être choisie et d’une certaine façon assumée ? Devons-nous réagir, "assister une personne en danger" ou respecter ses libres choix, et le laisser mener sa vie ? Aussi dure qu’elle puisse être ?

Suis-je irresponsable en ne parvenant pas à être réellement inquiet ? Est-ce que je continue à toujours tout excuser, tout expliquer ? Est-ce que paradoxalement je le laisse s’enfoncer en voulant (inconsciemment, je l’affirme !) le surprotéger ?

Ceux qui le connaissent sont inquiets. Monique, Bob et Jo mes amis les plus proches, d’autres amis qui le connaissent, à certains moments ses frère et sœur.

Quand nous l’avons au téléphone, c’est toujours " mais tout va bien Papa, ne t’inquiète pas, j’y vois clair, je m’organise "…

Karine et Xavier vont parfois dans ce sens. Mais est-ce pour ne pas nous inquiéter ou parce qu’ils le sentent plutôt bien à ce moment ? Maintenant, c’est eux qui le supportent, sans doute aux deux sens du terme…

Fred va mal. Alors il faut se demander pourquoi. Quelles sont les causes. Quelles sont les responsabilités. Est-ce qu’il y en a ? Que peut-on faire ? Doit-on faire quelque chose ?

La dernière fois qu’il est descendu nous voir, il a vu longuement son parrain Bob, et Jo. J’espérais que leur regard extérieur permettrait au moins de comprendre, peut-être même de débloquer la situation.

Ils ne m’en ont pas parlé. Frustré, mais culpabilisé par un amour paternel que je crains étouffant, j’ai respecté leur silence. Je m’interdisais de m’immiscer dans une relation que je sais bénéfique parce que différente. Bob est un très bon éducateur, avec un relationnel prodigieux. Jo est un artiste peintre avec une sensibilité et une finesse que j’apprécie chaque jour davantage. Je pense qu’il peut apporter beaucoup à Fred…

Plusieurs mois après, comme cela nous arrive régulièrement, nous mangions avec Bob et Jo. Brusquement, sans prévenir, la situation de Fred est venue dans la discussion. Et j’en ai pris plein la figure. Je suis responsable. Moi seul pourrait faire quelque chose. En cessant d’être égoïste, égocentrique, en reconnaissant mes erreurs, etc. … Cette discussion était d’une exceptionnelle intensité. Je ne pouvais pas balayer le malaise qui en résultait d’un revers de main, ni répondre dans l’instant, point par point, à tout ce qui s’était dit. Il me fallait du temps, mettre de l’ordre dans le fouillis qui envahissait mon esprit. J’ai éprouvé le besoin de mettre noir sur blanc toutes les idées qui viendraient au fur et à mesure que je démêlerai l’écheveau. D’où cet écrit. Provisoire, brouillon.

Une chose est certaine. Je vis cette situation comme un échec. Total. Sans nuance. J’ai " fait " des enfants, ce ne sont pas des adultes heureux et autonomes. Au mieux des enfants attardés. Au pire des adultes gravement perturbés, dont l’avenir est difficilement lisible et ne prête guère à l’optimisme. Côté noir de la chose.

Ils sont plutôt beaux, plutôt intelligents, ils font ce qu’ils ont choisi de faire librement (je le crois encore un peu), ils ont de belles valeurs morales, deux d’entre eux au moins ont une vie sociale assez riche, ils restent très liés, ils semblent nous aimer, aucun conflit grave ne nous a jamais séparés. Ce n’est pas si fréquent. Côté rose de la chose.

J’ai vraiment beaucoup de mal à essayer de mettre au clair les idées qui bouillonnent depuis cette discussion. Lorsque je me contente de penser, je crois tirer un bon fil qui va dérouler un raisonnement infaillible. Lorsque j’essaye de formuler, tout part en vrille… Et je repousse le moment de mettre par écrit. Je vais donc tenter de jeter là, sur le clavier, toutes ces bribes de raisonnement, toutes ces pensées inachevées, tout ce bric à brac dans lequel je m’enchevêtre vainement depuis des jours… Pour, si possible, essayer de le structurer dans un deuxième temps.

Ces tentatives de raisonnement prennent quatre directions différentes :

. Le sens de nos relations, entre Bob et moi ;

. L’homosexualité et le mariage ;

. Monique et ce qu’elle représente pour moi ;

. Les difficultés de Fred.

Mais avant tout, ce qui m’a peut-être le plus frappé dans cette discussion, c’est la prise de conscience que nous naviguions chacun dans des mondes parallèles mais différents. Des mots, des phrases, qui devraient nous fédérer ont pris pour chacun, avec le temps, des significations différentes, voire opposées. Chacun s’est construit SA vérité. Parfois aux antipodes de la vraie réalité…

Etrangement, j’ai ressenti ceci très fortement plusieurs fois ces derniers mois. Je dis fortement, alors que je devrais dire " douloureusement ".

Je pense au tollé de mon frère et de ma sœur, lorsque je parlais de l’évolution de mon père, macho typique, qui s’était mis à se faire des petits plats une fois seul… Pour eux, il allait manger à la cantine tous les jours, et était resté le même. Je n’ai pas rêvé les discussions avec mon père au sujet de la cuisine, je l’ai vu préparer des repas pour nous quand nous y étions en vacances, j’ai, oh combien, savouré sa confiture de pastèque…

Je pense à mon frère affirmant que mon père avait vendu la maison de C. pour payer les magasins de Bordeaux, alors que je me souviens avec une étrange précision de notre voyage pour vider la maison alors que j’avais 8 ou 9 ans, soit au moins dix ou douze ans plus tard…

Et mon cousin Christian, qui d’un coup démolissait un pan de souvenirs acquis, certains, dits et redits. Son père, mon oncle et parrain, n’avait jamais travaillé chez mon grand-père, mais chez Jean-Marie, un cousin éloigné. Ça n’a l’air de rien, mais quand on a construit tout un édifice sur des souvenirs qui s’avèrent faux…

Je pense, bien sûr, à Bob qui ne se souvenait pas que ses copains venaient me chercher pour les aider à le ramener après une soirée trop arrosée…

Et surtout, Monique mettant en doute la phrase qu’elle a prononcée lorsque je lui ai avoué mon homosexualité :  " Je t’aime pour ce que tu es, et non pour ce que je voudrais que tu sois… ".

Anecdotique ? Ce devrait sans doute l’être. Mais pourquoi un tel constat, somme toute naturel pour l’esprit humain, engendre-t-il chez moi une souffrance ? Je ne cesse d’y penser depuis quelques semaines. Encore confusément, j’ai l’impression que là se situe l’un des nœuds essentiels de mes problèmes. Sans doute le sentiment de m’être construit, pierre à pierre, difficilement, un univers supportable, et brutalement, une réflexion, une contestation, un doute, mettent à bas une partie des fondations.

Si Monique n’a jamais prononcé cette phrase, sur quoi avons-nous construit ? Sur quoi repose cette acceptation que je puisse être aimé, alors que tout mon être me crie depuis toujours que je suis détestable ?

Si Bob n’a pas prêté attention à tous ces petits gestes qui voulaient lui dire mon affection et mon acceptation inconditionnelle de ce qu’il était, qu’est ce qui peut expliquer notre si longue amitié ?

Et là, le premier point cité plus haut envahit mes interrogations. Quel sens donner au mot amitié ? Qui aime qui ? Qu’est ce qui a de l’importance, et pour qui ? Et si tout était basé sur du vent ? Vertige. Panique. Pardonnez-moi. Je suis parfaitement conscient de l’égocentrisme apparent de ces réactions, et pourtant toutes mes interrogations aspirent à comprendre l’autre, dans l’instant à comprendre ce que Bob peut ressentir et ne dit pas.

Je dois revenir sur les prémices de cette amitié. Là aussi, mes sentiments se sont construit sur des fondations que je voulais solides. Je ne sais plus, je doute même de tout.

A cette époque, je ne m’interrogeais pas sur les tenants et les aboutissants d’une homosexualité déjà bien installée. Je ne vais pas, sur ce sujet, raconter ma vie. Mais je crois utile de planter quelques jalons, ne serait ce que pour illustrer la différence de parcours entre le mien et celui de Bob qui se découvrit, ou du moins s’accepta, bien plus tard. Aussi loin que je fouille mes souvenirs, je retrouve cette attirance très forte vers mes congénères, surtout lorsqu’ils étaient beaux et athlétiques… Je n’avais pas dix ans lors de mes premières aventures significatives, et mon adolescence fut remplie d’amours vains et sublimés, et d’amants aussi nombreux qu’éphémères. A quatorze ans, je courrais déjà les pissotières. J’ai toutefois éprouvé un amour sincère, mais probablement également égoïste, pour un merveilleux éphèbe pendant mes cinq années d’internat. L’ai-je perverti, dévergondé, ai-je abusé de lui ? Il m’a fui, dénoncé. Les grands rêves se sont terminés pour ma part à vingt ans par une tentative de suicide aussi ridicule que vaine. Vaine, puisque ma famille ayant été prévenue, elle n’entraîna qu’un court échange de quelques minutes avec mon père, obsédé de savoir si j’étais actif ou passif, et qui ne me reparla plus de " ça " jusqu’aux événements…

L’année d’après, je " montais " à Paris, convaincu que c’était dans une grande ville que je pourrais vivre –et cacher– mes perversions… Car tel était mon état d’esprit. Ce que je vivais et faisais était honteux et inavouable. Je devais mener deux vies, l’une où je serais en quête permanente de satisfactions ponctuelles, car l’Amour ne pouvait exister dans ce monde là, l’autre où, en contrepartie, je devais être irréprochable et même admirable…

C’est dans cet état d’esprit, rien moins qu’analysé, que je suis entré à l’Ecole d’E.. Facette dévouement et don de soi.

Dès les premiers jours, Bob m’a profondément troublé. J’éprouvais une forte attirance bien sûr, mais j’étais dans le volet de ma vie où les interdits étaient absolus. Je redoutais le moindre faux pas. Je m’attachais de plus en plus à cette forte et généreuse personnalité. Je mettais en avant une amitié sincère et pure…

Je vais essayer de faire bref. Un de ses jours de grande fête, je l’ai ramené au Centre et littéralement couché dans son lit. Il était out… Je l’ai déshabillé, mis en slip sous ses couvertures. Pas de risque d’écart, ses amis étaient là aussi, riant comme des imbéciles. Mais le choc ! Pour la première fois je voyais Bob nu, et je m’apercevais que je ne ressentais aucun désir physique. Aucun ! Choc et bonheur : ce que je ressentais était donc l’amitié. La vraie. Celle que j’avais toujours vainement imaginée et parfois grossièrement simulée.

Puis les choses se sont enchaînées. Ces pierres des fondations, dont je suis peut-être le seul à me souvenir :

En psychosociologie, nous avons fait un sociogramme (après moult précautions oratoires du professeur). Evidemment Bob était en position indiscutable de leader, plus de vingt flèches sur trente pointaient vers lui, j’étais LE satellite rejeté, seul Bob m’avait choisi comme partenaire.

A quelque temps de là, suite à je ne sais quelle difficulté, il eut en groupe cette phrase : " Boby, ou on l’aime, ou on le déteste. Il ne laisse personne indifférent. "

Un autre soir, quelque peu éméché, il se mit en tête et réussit à réunir dans un couloir tous les résidents du bâtiment. Et il nous fit un long (très long) discours. Le thème ? " Bas les masques ". Ça me parlait, bien sûr, au premier et au nième degré, mais c’est surtout à cette soirée que je pensais le jour où je décidais de lui " avouer " mon homosexualité.

Une autre anecdote me revient ces derniers jours de façon lancinante. Bob était aimable avec tous. Les bons potes, comme ceux qu’il n’estimait guère. Un jour il plaisantait et riait avec un mec que nous n’aimions franchement pas. Je lui fis une véritable scène de jalousie. En gros, " tu es sympa avec ce type, que tu méprises autant que moi. Dans ces conditions, comment savoir quand tu es sincère ? Tu es sympa avec moi, dans mon dos tu me méprises peut-être autant que lui… ". Il s’est moqué de moi, affectueusement, et m’a expliqué qu’il était normal d’être aimable avec qui on doit cohabiter. Question de civilité. Je n’ai jamais vu Bob capable d’être méchant, ni en paroles, ni en actes. Alors, peut-être n’a-t-il jusqu’à présent jamais osé m’envoyer chier, alors que l’envie est parfois très forte ? Et ré émergent l’accrochage il y a trois ou quatre ans, lorsque nous nous étions lourdement incrustés à M., Monique et moi. Et reviennent les explications sur ses démarches psy actuelles, avec sa volonté de réfléchir au type de relations qu’il a avec les gens, ceux qui comptent, ceux qui ne comptent pas…

Un jour mon frère (qui ne fait pas dans la dentelle) me dit : " On ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis ". Je ne sais pas si j’ai choisi. Mais mon amitié pour Bob est pour moi une évidence. Indiscutable.

Je ne sais pas si Bob a choisi. Dans cette démarche –perverse- de double vie, pour le volet " type bien ", doutant de tout et surtout de moi-même, je devais sans cesse me prouver que j’étais apprécié, sinon (objectif impossible) aimé. Ma quête des preuves d’amitié de la part de Bob était aussi fréquentes que mes tentatives de me rendre utile. Peut-être mes demandes, qu’il soit mon témoin de mariage, puis le parrain de Fred, relèvent-elles de ce type de démarche. (Je n’ai jamais eu à le regretter.)

L’anecdote suivante relève sans doute aussi du même mécanisme : " dis-moi que tu m’aimes ".

Après son voyage en Algérie Bob a été gravement malade. Je suis (tiens, c’est bien sûr !) allé le voir plusieurs fois à l’hôpital. Je ne supportais plus du tout que " mon meilleur ami ", parrain de mon fils, ignore totalement cette double personnalité. Même si le volet homosexualité était mis en veilleuse avec ma vie de famille, je me considérais quand même comme un homosexuel marié. J’avais le sentiment de le tromper, d’utiliser son image de séducteur et d’homme à femmes. Il est vrai aussi que j’étais seul et n’avais personne à qui confier mes interrogations, mes doutes, ma détresse parfois. J’ai un souvenir, encore aujourd’hui, particulièrement pénible de ce moment où je me jetais à l’eau et lui avouais ma " perversion ". Je ne savais vraiment pas comment il allait réagir (nous naviguions dans un monde tellement macho et homophobe). J’ai dû m’y prendre à plusieurs fois, et ce n’est que lors de la dernière visite, alors qu’il allait mieux, que je réussis à parler.

Son amitié a résisté, ce fut une immense victoire.

Très peu de temps après (lien ?? ) il se découvrait homosexuel et rencontrait B. . Surtout il venait m’en parler. Trouble, mais immense victoire que cette marque de confiance et d’amitié. Après l’école, la vie ( ?) n’a pas voulu que nous ayons l’occasion d’être proches. Bob a rejoint mon Centre de rattachement lorsque je partais au Service Militaire. J’étais nommé ailleurs à mon retour. Je n’étais pas en mesure de " suivre " sa vie privée. Mais surtout, je ne me le serais pas permis. Qu’importe avec qui il construisait cette vie. Ce qui était son choix était bon. Je n’imaginais même pas de critiquer ou de contester ses décisions.

Bien sûr, la période " B. " a été source d’inquiétude, et je me demandais comment cela finirait. Cette violence extrème, allant jusqu’aux blessures physiques me faisait peur. Je n’ai jamais émis la moindre remarque. Puis est venu Jo. Je l’ai tout de suite beaucoup aimé. Sans doute parce que je sentais qu’il allait apporter à Bob une certaine stabilité, et une sorte d’épanouissement par leurs projets de voyages. Je l’ai de plus en plus apprécié avec le temps. Monique a tout de suite trouvé une sorte de connivence avec lui. Il ne me semblait pas pouvoir être un obstacle dans notre amitié. Je n’en demandais pas plus.

(à suivre...)

publié dans : Et maintenant ?
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