>>Pour me contacter par mail<<
Pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique !
| Mai 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||||||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | ||||
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | ||||
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | ||||
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | |||||
|
||||||||||
Je parle beaucoup de ma femme, ici. Certains m’ont dit que j’étais exhibitionniste. D’autres que j’étais impudique. D’autres font la moue et doutent de ma sincérité.
Quelques lignes d’un échange avec un athlète que j’aime bien, il me demandait si ma femme lisait mon blog...
Lui : elle le lit?
Moi : Non, je ne veux pas qu'elle le lise encore. Parfois j'ai envie, mais ça lui ficherait une trouille monstre... Je lui fais lire des extraits que j'imprime... En enlevant ce qui est le plus gênant...
Lui : en meme temps je comprends, tu parles d'elle. c son intimité ke tu devoiles
Moi : Oui, c'est ça qui la gênerait
Lui : j'ai ressenti pareil kan t'expose notre relation a tous les deux, en moins fort bien sûr.
J’y ai beaucoup réfléchi depuis. Je suis sûr que ce n’est pas ce que je dis de notre intimité qui la gênerait. Non. D'ailleurs, je ne pense pas
dévoiler grand chose de vraiment intime... Dans le texte cité dans les premiers chapitres de ce blog, oui... Mais elle sait que j’en ai diffusé de larges extraits. Et elle ne m’a pas semblé
choquée... Depuis, au présent, je pense avoir conservé un minimum de pudeur... Non, vraiment. Mais trois points la choqueraient, j’en suis certain.
D’abord, j’exprime à longueur de pages l’amour que je lui voue. Elle me dirait qu’elle préfèrerait que je le lui dise à elle. Souvent, très souvent, elle me reproche de ne pas assez parler avec elle, et de préférer m’épancher devant mon écran. Je reste impuissant à lui répondre. Je lui dis que je ne pense qu’à elle, à longueur de journée. Ce n’est pas suffisant.
Une anecdote. Un jour dernier, nous parlions beauté, elle exprimait sa rage de se voir vieillir. A un moment, un peu excédé, je lui lançais :
" Mais arrête donc ! Tu ne te rends pas compte que tu as un corps que bien des femmes de quarante ans t’envieraient ? "
Sa réponse vint, cinglante, le menton tremblant, les larmes dans la voix...
" Mais je m’en fous ! Je me fous de ce que peuvent penser les femmes de quarante ans ! "
Je restais impuissant, démuni. Ce n’est que quelques jours plus tard, lors d’un petit câlin, qu’elle complétait son idée : " Je me fous de ce que pensent les autres. Je me fous d’avoir un corps encore assez bien fait... Parce que toi, tu ne me le dis pas... "
Je n’ai jamais su parler pendant l’acte d’amour. Je n’ai jamais su dire " Je t’aime ". Je n’ai jamais su faire de compliments. J’ai essayé d’aimer. De toutes mes forces.
Ensuite, ils y a mes aventures. Ce n’est pas le plus gênant. Elle se doute bien. Non. Elle sait. Mais les détails ne lui plairaient pas. Parce qu’elle trouve avilissant pour moi (et par contre coup pour elle, bien sûr) que je m’adonne ainsi à des parties de baise en pleine nature. L’image d’Epinal des satyres forniquant dans un fourré l’agresse...
Et puis, bien sûr, chaque geste d’amour que j’offre à un partenaire de rencontre est un geste dont je la prive, que je lui vole. Dans son esprit, son état de santé actuel ne peut être en jeu, puisque je pratiquais quand elle était en pleine forme...
En fait, je pense sincèrement que la maladie a réveillé une jalousie qu’elle avait toujours maîtrisée, profondément enfouie au fond
d’elle-même. Et puis elle voudrait que je sois toujours là, près d’elle. A cet instant, elle fait une sieste. Elle dort profondément. Mais je suis sûr qu’elle voudrait que je sois allongé à ses
côtés, lui tenant la main... Je ne peux pas. Je veux vivre...
Enfin, il y a l’idée de mon accompagnement jusqu’au bout, mon désir que nous partions ensemble. Elle le sait. Parfois elle le comprend et en accepte le concept. D’autres fois, elle s’insurge, se fâche, me rappelle mes devoirs vis à vis des enfants, me dit que j’ai encore des tas de choses à vivre, que je pourrais " enfin " avoir un petit ami...
Nous nous sommes plusieurs fois chamaillés sur ce thème... J’y ai fait allusion ici à une ou deux reprises.
Pour le moment elle a exprimé son désir de continuer. Elle a entrepris la chimiothérapie par voie orale. Donc je continue. Point. Pourquoi discutailler davantage sur un projet qui n’est pas d’une actualité immédiate ?
Mais sur ce blog, j’ai un peu besoin de m’épancher. De dire mes désirs profonds. De décrire mon cheminement intime. D’essayer aussi de le
rendre compréhensible pour mes enfants qui liront ces lignes après notre départ. Ils se poseront bien l’inévitable question : " Mais pourquoi ? ".
Trois raisons qui font qu’il ne m’est pas possible de lui donner accès à ce blog, et de le lui laisser lire en mon absence. Trois raisons égoïstes, mais la démarche même de tenue d’un blog n’est-elle pas égoïste ?
Je n’aurais pas dû lui dire que j’en avais ouvert un... C’est mon meilleur ami qui m’a piégé involontairement. Un soir où nous dînions chez eux, nous parlions des jeunes pompiers avec qui j’entamais cette si belle mais virtuelle relation. Tout à trac, il m’a lancé ... " Et toi, tu en as un, de blog ? ". Quand j’ai retrouvé mes esprits, j’ai nié, bien sûr. Mais Monique n’a pas été dupe, et dans les jours qui ont suivi, elle n’a eu de cesse de me le faire reconnaître.
Je lui ai dit que je ne me sentais pas capable de lui laisser lire pour le moment. Que je parlais de choses très personnelles, très égoïstes. En soulignant qu’il reposait essentiellement sur le texte que je lui avais écrit quand j’étais à Fleury, je sous-entendais qu’elle savait l’essentiel. Une simple actualisation d’un texte vieux de trente ans...
Elle ne me lira donc pas tout de suite. Mais pas du tout pour les raisons qui, j’en suis sûr, sont venues prioritairement en tête de la plupart
des lecteurs...
Pardonnez-moi... Mais je reporte à plus tard mes réflexions sur l’éventuelle découverte de ce blog par mes enfants. Je ne m’en sens plus le courage aujourd’hui...